Les conséquences de mon auto dévalorisation permanente

Je pense que vous l’avez remarqué mais en ce début d’année 2021, je me suis faite plutôt discrète sur ce blog et sur les réseaux sociaux, rien de bien inquiétant en soit, juste pas mal de fatigue avec le vaccin Pfizer et du stress lié à mon projet professionnel. J’ai donc juste pris un peu de recul pour me reposer et avancer sur mon projet de formation Profamille.
Cependant, cette prise de recul a tout de même permis que je me pose et me demande ce que j’ai envie d’améliorer dans mon quotidien, je pourrais appeler ça « mes résolutions 2021 » en quelque sorte. Mais, je ne suis pas une fan des « résolutions » vu la difficulté à les tenir et une sorte de pression inconsciente qu’on se met… pour souvent finir en culpabilité et dévalorisation parce qu’on ne les tient pas. J’avais envie de changer mon point de vue, par conséquent, j’ai décidé de faire ce travail en lien avec mon psychologue en janvier. Pourquoi ? Je pense que j’avais besoin de passer par un tiers pour verbaliser mon ressenti sur 2020 dans un premier temps, puis voir les thématiques qui reviennent tout le temps, pour finir par mettre au clair ce que j’ai envie de changer parce-que je prends conscience de l’impact de ces thèmes sur ma vie. Finalement, j’ai pu faire ressortir une thématique qui pèse sur un ensemble de paramètre, mon poids. Actuellement, je fais 104.5 kg pour 1m59 soit un IMC = 41.3 (obésité morbide) … je pense que vous comprenez le problème sous-jacent à cette phrase et que je n’ai rien à ajouter. En discutant et en étant la plus honnête possible avec mon psychologue, il m’a fait remarquer, puis comprendre que j’avais un mécanisme nocif et avant même de parler de régime, d’hyperphagie ou d’exercice physique, il faut s’attaquer à l’hostilité que j’ai … envers moi-même.

Laissez-moi vous expliquer.

L’image que j’ai de moi-même peut se résumer à : je ne suis rien, je ne sers à rien, je ressemble à un bibendum Michelin et, en conséquence, les gens ne devraient ni me voir ni supporter ma présence. Là, je simplifie et je suis plutôt sympa sur les termes parce que mon langage interne est beaucoup plus insultant, négatif et castrateur, à tel point qu’essayer de trouver une qualité est devenu une tâche laborieuse. Au début, j’étais dans l’auto-dérision pour « expliquer » autant de violence et mon thérapeute m’a alors répété mes phrases au mot près, à chaque fois, comme une mise en abyme, puis à la fin de session il m’a demandé si j’aurai eu ce genre de discours envers n’importe qui ou même juste penser ces phrases en pensant à une personne que je n’apprécie pas du tout. Sans même réfléchir plus que ça, j’ai répondu « Sûrement pas! Mais, moi c’est différent, je sais ce que je vaux et ce que je représente. »
Aïe.


Il m’a fallu 2-3 séances avant de faire une sorte de rébellion et que je l’envoie promener pour ensuite stopper net la séance. Oui, ce genre de séance peut arriver, dans ces moments-là, c’est l’après qui devient intéressant. Après une colère noire contre mon psychologue, j’ai pris un bon café, sorti une feuille et écrit tout mon ressenti puis j’ai regardé un film… et, mon cerveau a commencé à se dire « Oh… attends deux secondes, depuis le temps, c’est étrange ce qu’il a fait », je me suis assisse, j’ai relu ma feuille. Et j’ai compris. Il n’a fait que me renvoyer mes propres commentaires sur moi-même, sauf que c’était intolérable que ça vienne de lui, alors que venant de moi ça passe comme une lettre à la poste.
Après un joli sms d’excuse de mon attitude, j’ai repris un RDV. Quelques jours après, bourré d’angoisse, je me retrouve face à lui, il m’explique pourquoi il m’a un peu (beaucoup) bousculé et je dois admettre que j’étais aveugle à la sévérité de mon propre mode de fonctionnement.

Le travail sur le sujet peut donc commencer.

Une des choses que je lui avais confié au début, était que j’avais vraiment du mal avec mon image corporelle au point où je n’avais aucun miroir plein pied et que j’évitais le plus possible de me regarder dans les miroirs. La raison est assez simple, les rares fois où je croise mon reflet c’est insupportable et un gouffre s’ouvre en moi. La conséquence de s’éviter, malheureusement, c’est que cela doit faire plus d’une décennie que je n’ai aucune idée à quoi ressemble exactement mon corps, mon visage, mes épaules oui, le reste, c’est le néant. Enfin, j’en ai une représentation mentale mais plutôt fausse, par exemple, je pense que le haut de mon corps est plutôt bien proportionné mais que le bas de mon corps c’est une catastrophe… Alors que dans la réalité, c’est l’inverse, ma sangle abdominale étant le premier de mes problèmes au niveau de la graisse stockée. Une mauvaise représentation du corps est assez courante, je n’ai ni dysmorphophobie ni dysmorphie attention, mon problème vient du fait d’une fuite de mon image corporelle source d’un dénigrement sans fin. J’ai reconstruit mentalement à peu près ce à quoi je ressemble.
Pour finir la séance, je me suis posé un objectif, me regarder dans un miroir plein pied tous les jours pendant au moins 1min et écrire ce que je ressens. Pour l’instant, c’est assez laborieux et douloureux mais je ne fuis plus.
Cet objectif peut sembler un peu couillon mais mon but dans un premier temps est d’arriver à me supporter et petit à petit changer mes petites réflexions intérieures en relisant les passages que j’écris et diminuer l’intensité des critiques. Je ne sais pas si ça va marcher mais pour l’instant pas d’aggravation des critiques, pas spécialement d’anxiété en résultante de ce challenge et je sais à quoi je ressemble enfin! Les relectures se font avec le psychologue dans le but de changer le langage que j’utilise dans un premier temps.
En plus de savoir à quoi je ressemble (enfin !), j’arrive à comprendre d’où vient mes moments d’isolement social. Ce phénomène est lié à ma fatigue et surtout à mes angoisses, mais je n’avais jamais vraiment cerné d’où provenait ces peurs intenses même si, par exemple, j’allais voir ma meilleure amie. Or, en faisant consciemment attention à mes pensées, j’ai aussi remarqué ce réflexe de dénigrement, souvent la veille, produisant cette anxiété de sortir de chez moi et ce quel que soit la personne ou l’activité que j’ai de prévu de voir ou faire. Mais que produisent ces moments d’isolement et d’angoisse ? Mes hyperphagies…

Est-ce qu’il y a que ça ? Non, il y a des traumatismes autres, c’est certain, mais le fait que j’en suis au point de m’insulter moi-même ne va vraiment pas m’aider à avancer. Est-ce que la prise de conscience m’a permis d’aller subitement mieux ? Non plus, ça demande du temps et un réel effort au quotidien, rien que pour me stopper dans mes tirades intérieures et ensuite pour me raisonner pour être plus empathique et objective envers moi-même. Je pourrais comparer ça à un champ de bataille à l’heure actuelle, où deux entités se confrontent donc c’est un peu le bordel, cependant, j’arrive à ressentir une sorte de soulagement à ne plus avoir un gouffre sans fin qui s’ouvre mais d’avoir une sorte de fond qui arrête la chute.

Je ne vais pas vous mentir, le processus d’arrêt est assez dur, j’ai essayé les mantras, reprendre la méditation… Systématiquement, ces pensées parasites reviennent au galop, sans effort. Vraiment sans effort, comme une forme de pensée imposée. Je dirai même que la méditation de plus de 5min aggrave un peu le phénomène surtout lorsqu’il faut se concentrer sur des parties du corps ou que le silence est trop long, j’ai donc arrêté, je me concentre juste 1 ou 2 min sur ma respiration quand l’angoisse monte pour prendre un peu de recul, mais ça s’arrête là. Les mantras, même devant le miroir, Ne changent rien parce qu’intérieurement je le vis comme du sarcasme ou de l’hypocrisie donc peut-être trop tôt pour faire ça.
En revanche, l’écriture m’aide assez bien à me rendre compte de la cruauté de mes propos et parfois même pendant l’écriture, je me raisonne en même temps, si bien que je favorise ce médium pour le moment.
Sur le plan psychologique, je suis en soit contente de travailler sur ça même si c’est dur parce que je me sens entendu et rassuré que ce soit mes pensées qui déconnent et non moi sans pour autant avoir le fameux « non mais tu es trop dur envers toi-même » invalidant (involontairement) ce que je pense/ressent réellement sur le moment.
Maintenant, pourquoi j’en parle ici ? Ce phénomène est courant, plus ou moins intense, mais ça touche beaucoup de gens que je rencontre et il est important de prendre en compte ce qu’on pense de soi, comment on se décrit, comment on se parle à soi-même parce que cela influence grandement notre santé mentale et notre vie, freinant beaucoup de projets ou d’améliorations de certains symptômes. Je pense que si j’étais plus empathique envers moi-même et surtout un langage intérieur plus adapté, j’aurai moins d’angoisse, moins d’hyperphagie, moins de projet avorté. Comme je l’ai écrit plus haut, ça ne va pas me guérir, mais ça diminuerait certainement mes difficultés à entreprendre ou vivre des changements dans ma vie.
J’ai envie que vous prêtiez attention à votre langage intérieur et ce qu’il implique dans votre quotidien.
Ecoutez-vous vous décrire.

En espérant que cet article vous a intéressé
Prenez soin de vous,
Nelly

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