Ce que Robin Williams m’a appris

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Robin Williams… Il fait partis de ces acteurs qui ont bercé mon enfance et dont les films me font encore rêver ou rire. Madame Doubtfire, Good Morning Vietnam, Hook … et Docteur Patch que je regarde encore régulièrement tellement ce film me transcende au niveau optimisme. Lorsque j’étais enfant, je ne voyais que l’homme qui faisait rire les autres avec son génie comique et sa facilité a endossé différents rôles, mais, avec le temps, j’ai commencé à me renseigner sur sa vie et j’ai appris qu’il était atteint d’une pathologie psychiatrique, mais, jamais sans plus de précision. En même temps avec le recul, combien d’acteurs connus pour leur humour et avec un jeu quasi « maniaque » sont atteint d’une maladie mantale? Jim Carrey, Louis De Funès, Ben Stiller et j’en passe. Je suis sûr d’une chose, il souffrait au moins de dépression, d’alcoolisme et de cocaïnomanie, il en a parlé à sa manière dans ces one man show, toujours sous le couvert de l’humour comme si c’était quelque chose de banale.

Je devrai commencer par sa carrière d’acteur et son impact sur mon enfance et l’adulte que je suis devenue. Ces films sont pleins de leçons, de sourire, de pleurs mais le premier film qui m’a touché vers 9/10 ans est Dr Patch, de 1. j’étais entré dans une phase « je serai médecin quand je serai plus grande » et de 2. il m’a touché parce que j’avais déjà des signes de souffrances psychologiques, des impressions d’être différente, de pas vouloir faire comme les autres parce que ça ne me correspondait pas. Bref, je pense que j’avais certains symptômes mais c’est compliqué d’analyser ou de poser un auto-diagnostique, mais au travers de ce film, j’avais le sentiment que je pouvais être différente et réaliser mes rêves.
A partir de là, j’ai commencé à vraiment regarder ces films et les visualiser quand je me sens pas bien ou que j’ai besoin de motivation. J’ai un lien très « thérapeutique » avec cet acteur, c’est étrange surtout que parfois les sujets sont durs et qu’enfant l’ampleur du message n’est pas complètement compris. Mais je me sentais mieux et c’était ce qui m’importait et m’importe toujours.


Après quelques années, j’ai commencé à m’intéresser à l’acteur en lui-même, et j’admets qu’apprendre qu’il souffrait, ça m’a étonné puisqu’en apparence rien ne le montrait. Robin Williams était de ceux qui était toujours énergétique, dans l’humour et prenant soin des autres, cependant, en fond il luttait mais gardait ça pour lui, comme quelque chose appartenant à son jardin secret. Cet approche silencieuse m’a rassuré parce que je suis pareille, je reste toujours silencieuse et isolée lorsque je suis en décompensation mais quand je me sens mieux, je peux en parler, en rire et balayer ça d’un revers de main comme si en réalité ce n’était pas un chemin de croix. J’ai ce besoin de ne pas en parler, je ne veux pas être définie par ma bipolarité ou que je finisse par me décrire que via celle-ci. Dès l’annonce à quelqu’un d’une quelconque maladie, l’entourage va s’investir, ce qui est normal mais quand cela touche le mental, il faut en plus expliquer, donner des réponses aux « pourquoi? », « d’où ça vient? », il faut aussi calmer les tensions que cela peut engendrer comme par exemple dans la famille qui peut se sentir viser etc… Pour moi, ça devient autant envahissant qu’épuisant et je préfère ne pas en parler ou très peu au vu des conversations parfois houleuses que ça peut susciter. Pour vivre en paix vivons caché? Sur mon trouble psychiatrique, je suis de ce credo mais d’une façon plus soft. Il faut en parler évidemment mais à des personnes de confiance et évaluer l’étendue des informations qu’on veut transmettre, si ce partage devient nocif pour divers raisons, je ne vois personnellement pas l’intérêt d’en parler avec ce type de personne. Je me protège d’abord, c’est ma règle n°1.

Revenons à Robin Williams, un autre fait que j’ai appris de lui c’est qu’en voyant sa vie, malgré ses combats, il a réussi à avoir une vie que je pense réussite, il était bourré de talent, très apprécié et bienveillant. Il a, donc, apaisé cette peur intime qu’ont beaucoup de personne souffrant d’une pathologie mentale, celle d’être « fou », que la vie est foutue et on finira misérable. Sa vie témoigne qu’on peut toujours avancer malgré nos combats, qu’on peut être parfaitement accepter dans nos comportements ou excentricités et qu’il y a des manières pour parler de nos difficultés sans pour autant nous ostraciser. Si un tel homme exubérant est accepté, pourquoi pas moi? Je ne dis pas qu’il faut passer que par l’humour pour pouvoir aborder certains sujets, mais il avait un don pour parler de son alcoolisme par exemple, il ne s’est jamais définis par ses troubles, c’était juste un détail lorsqu’on l’écoutait, des anecdotes.

Je pense qu’il a eu un grand rôle dans l’acceptation de ma personnalité, énergétique en apparence (« solaire » comme dirait mon entourage), enfantine par bien des aspects, ermite quand j’en ressens le besoin, indépendante dans la gestion de ma bipolarité et le refus d’abandonner mes rêves aussi petits soient-ils.
Même son suicide semble être un détail dans sa vie, un pied de nez à sa maladie, la démence à corps de Lewy qui lui enlevait rapidement ces capacités. Jusqu’au bout il gardera le contrôle, mine de rien.

Prenez soin de vous,
Nelly

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