J’ai 30 ans

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2020, une année particulière dans notre vie à tous mais en plus, pour moi, c’est l’année de mes 30 ans… Beaucoup de découvertes, d’expériences diverses et un passage à l’âge adulte qui ne fut pas de tout repos.

Que diriez-vous d’un petit bilan décennale?

Commençons par ces petites choses qui m’ont marqué:
L’échec de ma PACES mais ma grande réussite de mon diplôme d’état en tant qu’infirmière. Le début de mes 20 ans fut très douloureux parce que j’ai dû abandonner ce doux rêve de devenir médecin, l’ambiance m’a complètement fait fuir et à détruit le peu de confiance que j’avais acquise depuis mes 16 ans. Par défaut (et sur les conseils de ma mère), je me suis inscrite en IFSI sans trop de conviction, mon seul critère étant de rester dans le milieu de la santé…. A l’heure actuelle je peux affirmer que je suis heureuse d’avoir suivis ce conseil parce-que je m’épanouis complètement dans mon travail et ce que je recherchais dans cette voie, le contact humain, je l’ai trouvé. J’ai mis du temps à enterrer mon rêve de gosse mais avec le recul, j’étais attirer par l’idée d’aider l’autre, de l’écouter et l’accompagner dans son quotidien mais maintenant que je connais le quotidien de mes collègues médecins…. Je suis bien à ma place. Bien sur, mes 3 ans de formation ont été difficile mais j’ai tenu bon et j’en suis fière.
L’entrée dans le monde du travail est ce qui découle naturellement de mes études, j’ai commencé en milieu somatique, d’abord de jour en gériatrie (expérience que j’ai détesté) pour ensuite être polyvalente de nuit. J’ai adoré mon travail, mes collègues et toutes les connaissances que j’ai engrangé, j’en suis plus que reconnaissante mais fatalement, au bout d’un moment je berçais dans la routine et il me manquait quelque chose… Pendant mes études, mon stage en psychiatrie m’avait marqué et j’avais plus qu’adorer celui-ci puisque je suis resté en contact avec les professionnels qui m’avaient encadré… chose rare chez moi. Par conséquent, j’ai décidé de réaliser mon projet initial, devenir infirmière en psychiatrie. J’y suis toujours et pour l’instant, l’ennui ne m’a pas atteint, au contraire, la passion ne fait que grandir et des projets germent dans mon esprit! Je ne me plains pas de mon expérience dans le monde du travail comparé à certaines connaissances et je suis fière de ce que j’ai accomplis et que j’accomplis encore à l’heure actuelle. Ces deux items sont mes boussoles quand je perds un peu pied, je me dis que si j’ai été capable de faire ça, avec de la patience je peux surmonter n’importe quelle épreuve.

Pendant cette dernière décennie, j’ai découvert aussi le sentiment de liberté dans un premier temps, via l’obtention de mon permis de conduire qui m’a donné une mobilité que je n’avais jamais imaginé avant et qui a donné lieu à quelques voyages (aaaah Bruges….) mais mes 20 ans fut surtout le temps de l’expérimentation sexuelle et relationnelle en commençant par accepter ma bisexualité et pour finir ces dernières années par accepter mes tendances polyamoureuses/polygame. Je ne vais pas trop disserter là-dessus mais cette étape d’acceptation m’a enlevé un sentiment de culpabilité et de honte qui avaient germé au début de mon adolescence et qui m’a posé pas mal de problèmes d’identifications… Je ferai peut-être un article dessus? Qui sait 🙂
Et alors pour finir ce petit paragraphe, le plus important dans cette liberté c’est qu’à 29 ans j’ai décidé de vivre seule, loin de ma famille ! Je n’aurai jamais cru que j’en étais capable… et pourtant, j’écris ces lignes dans mon appartement, mes factures sont payés, c’est à peu près propre et j’ai de la nourriture (je nourris même des chats errants !), ça peut paraître anodin mais je pense que ça marque un tournant dans ma vie parce que je commence à réaliser mes compétences et petit à petit je prends confiance en moi. En plus de m’autonomiser, je commence à accepter l’idée que même si j’avance lentement, je peux être comme « tout le monde » et avoir les mêmes envies (maison, enfants…) ce qui pour moi était en quelque sorte inaccessible parce-que « malade psychiatrique » et que j’avais intériorisé tous les discours de la société sur l’impossibilité pour « les fous » (moi inclus donc) de vivre normalement dans la société.

Pour finir si il y a bien une chose qui a pris énormément de place dans ma vie, vous vous en douter: ma bipolarité. Au début, je ne savais pas ce qui « clochait chez moi » puis après le diagnostic, j’ai du apprendre à gérer les crises (et les hospitalisations), le quotidien, les traitements (oooh les nombreux arrêts qui ont finis avec des symptômes de sevrage…), rencontrer d’autres malades, participer à des ateliers, des conférences, lire de nombreux ouvrages (quitte parfois à ne rien comprendre du jargon) et j’en passe.
Je vous laisse imaginer le nombre de nuits sans sommeil, les milliards de questions, la honte, les pleurs qui ont marqué le début de ma vingtaine. Heureusement, après quelques essais, j’ai réussi à trouver des professionnels qui me correspondait et en 10 ans, ma situation s’est améliorée grâce à ces efforts, je suis plus stable. Maintenant, je commence à accéder à des niveaux de travail sur moi-même que je n’aurai jamais soupçonner comme par exemple être capable de parler de certains traumatismes liés à ma sexualité ou de travailler sur mon poids d’une manière moins pesante. J’en suis même à écrire un blog, un miracle vu le nombre d’années que ça m’a pris pour passer à l’action et si je travaille sur ma régularité de publication j’aurai passer un gros capte sur ce projet !
Attention, il ne faut pas croire que ça s’est fait en douceur, j’ai souvent « taper dans le mur » et à pleine vitesse avant d’être capable de poser les bonnes questions, chercher les réponses ou même ne serait-ce qu’envisager d’avoir un problème. Malheureusement, je sais que ça continuera dans ce sens mais je pense que c’est nécessaire dans mon processus de développement et que j’aurai beau lire tous les livres de développement personnels, psychologie et autres, ce qui doit arriver arrivera.

En résumer laissez moi vous donner deux citations qui m’ont accompagné pendant ces 10 dernières années :
– Honoré de Balzac,  » L’ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement. »
– Emil Michel Cioran:  » S’armer de patience, combien l’expression est juste! La patience est effectivement une arme, et qui s’en munit, rien ne saurait l’abattre. Sans elle, on est automatiquement livré au caprice ou au désespoir ».

Prenez soin de vous,
Nelly


2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Marie dit :

    Un parcours où vous avez tenu bon malgré les écueils, une belle plume, une grande dose de courage pour lancer ce blog, on vous souhaite de continuer à avancer à votre rythme et de trouver chaque année davantage de sérénité!

    Aimé par 1 personne

    1. Nelly dit :

      Merci beaucoup

      J'aime

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