Mon avis sur Joker

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En 2019, ce film a mis une bonne grosse claque comme je les aime à moi et à bon nombre de personnes, alors que, personnellement, j’en attendais mais alors rien du tout, surtout après le Joker de Suicide Squad. Mais, la magie de posséder un pass ciné c’est qu’au final pas besoin de choisir, c’est open bar donc vive les essayages et parfois il y a des pépites inespérées.
D’un point de vue purement appréciatif, j’ai adoré ce film étant une grande fan de l’univers Batman et je considére le Joker comme faisant partis de mon top 5 de mes vilains favoris. Joaquin Phoenix et Todd Philip ont réussi à merveille à me le refaire aimé, juste parce qu’il lui ont redonné une sorte d’humanisme. L’ambiance années 80, plein de dystopie et de violence sournoise correspond plus à l’univers que j’ai connu enfant, alors que maintenant, c’est plus violence hardcore et dépression à gogo. Je m’y intéresse un peu moins ces dernières années, je l’admet, tant les comics sont oppressifs et ultra dérangeant dans leur lecture. Le visuel et l’interprétation m’ont, donc, épaté.
L’histoire maintenant, le scénario est bon et l’origin story adopté par Todd Philip tient franchement bien la route et me donne encore plus envie de découvrir « ce » Joker. Le concept de la réalité (celle d’Arthur et la « notre ») est je pense un des meilleurs aspects et je me suis bien fait avoir sur ça durant la projection.
Pour finir, sur ce rapide avis, la musique. La bande son est juste grandiose et parlons des compositions d’Hildur Guðnadóttir! Intense, transcendante, même pendant mes visionnages, je me sens transporter et je ressens parfaitement cette musique. J’en suis au point d’écouter « Bathroom Dance » quand j’ai besoin de me calmer émotionnellement, pour vous dire combien je suis réceptive à ses compositions.

Mais, une chose à laquelle je m’attendais pas trop ce sont les controverses que ce film a suscité notamment sur son approche de la « psychiatrie ». Quoi de mieux qu’une personne connaissant le système pour donner son petit avis?
Est-ce que je me suis sentie visée ou concerné? Par certains aspects, oui, j’y ai reconnu certains éléments de mon parcours. Je pense à ce moment avec la femme qui fait son suivie et qui n’écoute pas ce que lui dit Arthur… J’ai rencontré des soignants, des thérapeutes, des psychiatres comme ça mais plus dans leur côté stoïque, qui garde bien leur distance, au point où on le ressent comme un rejet.
Arthur lutte au quotidien et je peux faire un parallèle avec ça aussi. Sa volonté d’avoir le sourire même quand c’est impossible voir à s’en faire mal est un item récurrent quand je discute avec mes patients, une sorte d’obligation pour être accepté par la société. J’en suis coupable aussi, de peur d’être rejeter ou d’être prise à parti parce que je ne correspond pas aux normes de la normalité.

Il y a aussi un aspect que je peux mettre en lien avec mon exercice professionnelle et c’est le peu de moyen, l’indifférence voir l’abandon des autorités sur ce champ médical. Faire avec les moyens du bord, quitte à ne pas chercher d’alternatives, la gestion des places/lits d’hospitalisation dont le ratio par nombre d’habitant est une aberration et une insulte pour les patients, tout ça sont des questions omniprésentes dans ma profession… Et pour l’instant, il n’y a pas de signes d’amélioration.
Néanmoins, je pense qu’il est dangereux d’ériger Joker en une sorte de critique du système actuel ou d’être la représentation de qui que ce soit, de 1, il s’agit d’une fiction où Gotham est une version vraiment extrême de nôtre société, les problèmes y sont tous exacerbés fois 1000, ensuite, Arthur Fleck et surtout son persona Joker ne ressemble en rien aux patients psychiatriques. Lui aussi est extrême et d’un point de vue pathologique, il n’existe pas vraiment d’équivalent. Des parallèles peuvent être fait plus dans un but d’aborder certains sujets mais en aucun cas comme exemple typique qu’on pourrait rencontrer. Dire que ce film est dangereux pour la représentation des personnes souffrant de maladie mentale, c’est donner un sentiment de réalité et oublier l’importance du concept de fiction.


Pour moi, il faut remettre en contexte et comprendre l’univers de Gotham, l’extrémisme des états émotionnels et la violence sont uniques et ne reproduisent en rien la réalité. De plus, il y a une chose qu’on oublie vite, Batman a été créé par des américains et donc, on vogue sur leurs idées, leurs représentations de la société et les problématiques en lien. Ce vécu ne va pas forcément avec nos sociétés européennes où l’Histoire et la morale ne sont pas forcément les mêmes.
Cependant, et je vais vous sembler paradoxal, ce film a le don d’être un magnifique tremplin à bon ombre de sujet: l’influence de l’environnement sur la violence des individus, les violences subit par les personnes atteintes de trouble mentaux et je pense qu’il doit être utilisé pour montrer certains concepts et mettre en lumière le ressenti des patients ( cette phrase « Le pire dans une maladie mentale, c’est que les gens s’attendent à ce que vous agissiez comme si vous n’en aviez pas » est criante de vérité). Je vois donc bien ce film en tant qu’illustration plutôt qu’un moyen d’identification.

Bien sûr, il est certain que des personnes ont pu être heurtés par ce film sur bon nombre de sujet et je ne cherche aucunement à invalider ce ressenti, je ne fais que donner mon avis et si vous voulez en discuter, j’en serai ravis.

Prenez soin de vous,
Nelly

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