La mauvaise image de l’infirmière en psychiatrie

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Films se déroulant dans l’univers psychiatrique
Reflet de l’image collectif que suscite la psychiatrie?

En 2017, j’ai commencé à tourner en rond en soins généraux, j’avais l’impression d’être dans une usine, les soins à la chaîne avec peu de contact avec le patient. Petit à petit, l’envie de réaliser mon projet professionnel revenait lentement, celui de travailler en psychiatrie. Comprenez-bien, depuis mes 20 ans à peu près, je souhaitais faire partie de ce milieu, je faisais tous les plans possibles pour y parvenir. De coup, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai postulé et j’ai été embauché (pas trop de suspens à ce niveau =D).

Cette étape était une partie de plaisir contrairement à la réaction de mon entourage face à ce choix de carrière et à ce moment là, je me suis rendue compte de l’image désastreuse de l’infirmière en psychiatrie. Le plus dur a été auprès de ma mère qui vient du milieu paramédical aussi, elle avançait que c’était pour les « planquées« , celle en fin de carrière et que plus personne voudrait de moi si je voulais revenir en soins généraux et ne parlons pas de mes futurs collègues qui auraient tous des problèmes un peu « psys ». En somme, il n’y avait absolument rien d’intéressant pour moi et en plus « ce sont des fous », « ils sont dangereux », et autres, « tu vas te faire agressée! ».
Je peux comprendre l’appréhension de ma famille, mais, ce n’est pas mieux en dehors du cercle familial. De base, l’infirmière a une image soit ultra sexy, soit de soumise aux médecins.

rihanna valerian GIF
Merci Rihanna qui illustre le fantasme de l’infirmière.

Mais alors, les préjugés sur mon métier en psychiatrie… J’ai eu du mal à l’accepter au début. Quand, il m’arrive de rencontrer de nouvelles têtes, dire que je travaille en psychiatrie se finit souvent avec une fraction de seconde de gêne/surprise puis souvent s’accompagne de « Mon dieu! Je pourrai pas travailler avec ces tarés, je ne sais pas comment tu fais! ». Il existe aussi un profil qui est avide d’histoire glauque ou de la folie qui peut régner dans mon service. Il est extrêmement rare de voir de l’admiration ou qu’il n’y ait pas à un moment une dérive sur la psychopathie et la schizophrénie… Cette spécialité suscite une profonde peur et personne n’aime trop en parler et je me retrouve souvent à faire de la pédagogie à expliquer que, non les schizophrènes ne sont pas tous dangereux et que tous le monde peut finir un jour en hospitalisation dans un hôpital psychiatrique. Mais, la bonne nouvelle, c’est que j’ai réussi à m’entourer d’amis proches avec qui je peux avoir des échanges constructifs (même si les clichés ont parfois la vie dure !) et par conséquent, j’ai un certain équilibre dans mon quotidien.

Le plus compliqué, c’est le rapport avec les patients. Alors là, si vous souhaitez venir en psychiatrie, préparez-vous à voir deux rôles (ça vaut pour les aides soignants aussi, ne surtout pas les oublier):
– La gentille infirmière, à qui on vient parler en cas de coups durs, celle qui donne le traitement et l’explique si besoin, recadre gentiment, gère les frustrations mais c’est aussi la Hermès du médecin qui peut le joindre en cas de besoin…
– La monstrueuse infirmière qui « cafte » aux médecins, privent la liberté en refusant des permissions ou qui « attachent » les patients, cours après les réfractaires aux traitements voir les y force…. Après tout, c’est elle qui fait la piqûre.
La dernière est la plus difficile à avoir et derrière ce jugement, il faut apprendre à prendre du recul, ne pas prendre à coeur les insultes, les remarques agressives, les reproches…. Nous avons tous nos mantras, pour moi c’est, « je suis là pour soigner, pas être aimée ».

Il m’a fallu du temps pour accepter cette image et ne pas en souffrir, j’ai dû apprendre et comprendre d’où venait cette vision. Très souvent, cela vient des traumatismes qu’on eut les patients dans leur parcours ainsi qu’à travers toute l’histoire de la psychiatrie en elle-même. Tous ces éléments ont nourris cet imaginaire qui va très bien avec la saison d’Halloween et les très très très nombreux films en lien avec la psychiatrie, les hospitalisations et les dérives qui se sont produits, expliquant peut-être pourquoi, encore à l’heure actuelle, la société en a peur et rejette ce milieu, que ce soit les patients ou les professionnels.

Prenez soin de vous,
Nelly

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